Cession ou Reprise d'Entreprise : des deux côtés, l'anticipation s'impose


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De huit à douze mois sont nécessaires en moyenne pour transmettre une entreprise dans de bonnes conditions.Dans le Grand Lyon, plus d'un tiers des chefs d'entreprise de plus de cinquante-cinq ans envisagent de passer la main et recherchent des repreneurs.

La rencontre entre Eric Vergne et les deux dirigeants d'Elcom relève d'une sorte de coup de foudre entrepreneurial. Le jeune repreneur a d'ailleurs conservé dans son équipe l'un des deux anciens actionnaires de cette entreprise de profilés aluminium. Le second, retraité, continue à le conseiller à l'international. Cette relation de confiance a facilité les négociations sur le rachat de la société à un «prix juste» et la mise en place d'un «business plan» ambitieux à l'horizon 2020. Axé sur l'innovation et l'internationalisation, il vient d'être concrétisé par le rachat de sa filiale allemande et une implantation en Chine.

Avec son associé et un avocat d'affaires, qui a réalisé un travail d'intermédiation efficace, Eric Vergne avait délimité sa cible : une entreprise de 50 à 250 personnes, «à taille humaine», présente sur un métier qu'il puisse comprendre. Sur 200 dossiers «chassés» pendant deux ans et demi, il en a analysé plus attentivement 35 avant de discuter de manière plus approfondie avec cinq chefs d'entreprise et de boucler son projet de reprise en février 2011. La complicité avec les deux anciens dirigeants d'Elcom permet de «gagner du tempsi>» et de ne pas reproduire certaines erreurs. En deux ans, les effectifs de l'entreprise iséroise sont passés de 55 à 75 salariés, son chiffre d'affaires de 11,8 millions d'euros à 17,5 millions.

Cette transmission heureuse, sans traumatisme, est à porter au crédit du repreneur et des cédants. Mais tous ne sont pas dans cet état d'esprit. Selon le panorama des cessions et reprises d'entreprises actualisé chaque année par l'observatoire de la transmission du Grand Lyon, avec le soutien de la chambre de commerce et d'industrie, «les chefs d'entreprise ne préparent pas suffisamment», n'anticipent pas assez une future cession. Les dirigeants âgés de plus de cinquante-cinq ans étaient d'ailleurs moins nombreux à envisager en 2012 la transmission de leur société : 36 % contre 41,7 % un an auparavant. En majorité à la tête de société de moins de deux salariés, ils avaient tendance à repousser cette échéance au-delà de soixante et un ans.

Bien préparer sa suite

Des intentions confirmées dans les faits. «Actuellement, les chefs d'entreprise ne se bousculent pas pour vendre, quelle que soit l'activité», indique Christine Ottavy, responsable du service transmission reprise et prévention des difficultés de la CCI de Lyon. La conjoncture économique explique cet attentisme. Ils n'ont pas d'excellents bilans à présenter. D'où l'importance de bien préparer ce moment pour ne pas le subir. La juriste conseille de planifier une transmission cinq ans à l'avance pour agir sur le bilan, les stocks, la trésorerie, «pour rendre la mariée la plus belle possible». Tout en maîtrisant la communication auprès des clients, des salariés et des potentiels repreneurs en leur faisant signer une clause de confidentialité.

De huit à douze mois sont nécessaires en moyenne pour transmettre une entreprise dans de bonnes conditions. «Une démarche de cession doit être menée à bon rythme, mais sans précipitation», note Christine Ottavy, qui recommande de limiter la période de passation de pouvoir entre trois et six mois pour éviter les situations conflictuelles qui naissent souvent d'une cohabitation trop longue. Le Grand Lyon a identifié 13.000 entreprises à céder, dont le dirigeant est âgé de plus de cinquante-cinq ans. Un chiffre qui ne cesse de croître du fait du baby-boom. Les commerces de détail et les services à la personne représentent plus d'un tiers des entreprises à reprendre. Des transmissions qui peuvent être accélérées par les bourses d'échanges trimestrielles, des rencontres organisées par la CCI de Lyon entre cédants et repreneurs.

Source: www.lesechos.fr











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